Sélection d'articles de presse

Flydoscope - été 2010




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Visions d'architecture

 

Le collectif KadapaK and guests a été désigné par la Fondation de l'Architecture et de l'Ingénierie du Luxembourg pour représenter le Grand-Duché avec le projet Pierre-Papier-Ciseaux à la 12e Biennale d'Architecture de Venise qui se déroule du 29 août au 21 novembre 2010. Pierre-Yves Etienne, membre du collectif, nous présente ce projet.

Interview : Céline Coubray. Photo : David Laurent

- Pourriez-vous nous présenter le collectif KadapaK and guests?
KadapaK and guests est une structure « molle » formée à l'occasion du concours organisé par la Fondation de l'Architecture et de l'Ingénierie du Luxembourg pour occuper le pavillon luxembourgeois à la 12e Biennale d'architecture de Venise. Dans le cadre de ce projet, le collectif réunit quatre personnes : Joëlle Tanson, architecte, Jean-Paul Tournay, architecte-urbaniste, Alice Verlaine, architecte le jour et moi-même, architecte-urbaniste. Cette formule permet de rassembler des personnes avec des qualités, des orientations et des points de vue différents, complémentaires, et de proposer les réponses les plus riches possible. Cette association momentanée est donc très souple, à géométrie variable et évolutive en fonction des projets.
 
- Avez-vous déjà réalisé des projets ensemble auparavant ?
C'est notre première collaboration et c'est le premier concours auquel KadapaK and guests
participe. Il se trouve que nous avons gagné. C'est de bon augure !
 
- Pourquoi avez-vous choisi la forme du collectif ?
Dans notre métier d'architecte, nous rencontrons constamment cette nécessité de collaboration et de travail en équipe, de dialogue et de communication, de confrontation d'idées, que ce soit en groupe d'architectes ou avec le maître d'ouvrage pour l'élaboration du projet ou encore avec les corps de métiers. Rassembler des personnes d'horizons différents pour répondre à un projet est ainsi une démarche naturelle dans notre métier, notamment au Luxembourg où les bureaux sont relativement petits. Quand nous devons faire face à des projets d'envergure, une des manières de pouvoir y répondre est de se regrouper. Travailler sous forme de collectif pour la Biennale de Venise nous paraissait donc être une évidence.
- Comment les membres de KadapaK and guests se sont-ils connus ?
Par l'Institut Supérieur d'Architecture de la Communauté Française-La Cambre à Bruxelles, qui n'existe d'ailleurs plus comme tel aujourd'hui. Nous y avons chacun fait nos études, bien qu'à des périodes différentes : Joëlle Tanson, Alice Verlaine, et Jean-Paul Tournay, avec qui j'ai eu par la suite l'occasion d'enseigner dans l'Institut.
 
- Quels sont vos liens avec le Luxembourg ?
Joëlle Tanson, qui est luxembourgeoise, et moi-même collaborons au bureau d'architecture Marc Tanson à Luxembourg. Nous sommes donc impliqués professionnellement sur la scène locale.
 
- Pouvez-vous nous expliquer le nom de KadapaK ?
Kadapak est le nom commun du carton-mousse ou carton-plume fréquemment utilisé en architecture pour les maquettes. Le carton-mousse est un matériau solide et léger. Il peut être facilement découpé, collé, épinglé, assemblé, échancré, taillé, recollé, etc. Il traduit bien cette idée du projet en évolution permanente.
 
- En quoi consiste votre projet Pierre-Papier-Ciseaux ?
Nous avons conçu une installation pour chacune des six pièces de la Ca' del Duca, le pavillon du Grand-Duché du Luxembourg à Venise. Ces installations sont autant de moyens d'évocation. Elles confrontent le visiteur à différentes émotions, sollicitent son imaginaire, le questionnent sur le sens, les limites et les possibilités de l'architecture aujourd'hui, autant au niveau de la pratique professionnelle qu'au niveau du vécu quotidien de l'espace.
 
- Quels sont les sujets abordés dans ces six installations ?
Les installations illustrent des aspects du contexte dans lequel s'effectue l'architecture contemporaine. Ces différents aspects sont caractérisés par des relations ambivalentes et des rapports de force, notion que l'on retrouve dans le titre de l'exposition. Les thématiques abordées sont diverses. Elles traitent du contexte culturel, du contexte économique et de la société de consommation, des cycles des choses et de la notion d'éphémérité et de pérennité, de démolition/reconstruction, de fragilité et de force. Elles soulèvent également des interrogations sur la relation entre l'homme et l'espace -cet espace qui conditionne l'ensemble de nos actions. Un autre thème sera l'univers du quotidien, l'impact de ses répétitions. Nous souhaitons aussi inviter les visiteurs à participer aux installations, en leur donnant l'occasion de laisser une trace, d'ajouter un élément, de toucher ou déplacer certains éléments, de marquer leur passage, d'appréhender les choses un peu différemment. La dernière installation sera réservée à cet échange, à ce dialogue. Nous avons donc, à travers ces thématiques globales, invité des questionnements qui concernent l'ensemble des acteurs et des usagers de l'architecture.
 
- Pourquoi avoir choisi de réaliser une exposition sous forme d'installations ?
La réalisation d'un projet d'exposition pour la Biennale d'architecture de Venise pose inévitablement la question de ce qui doit être montré. Nous ne souhaitions pas exposer des projets d'architecture sous forme de panneaux, plans et maquettes, qui relèvent de notre langage professionnel. De plus, nous pensions qu'il ne faut pas nécessairement montrer, illustrer littéralement, de l'architecture pour parler d'architecture. Il nous semblait plus excitant de placer le visiteur au coeur d'installations, qui sont des questions posées, qu'il peut choisir d'entendre, de deviner, d'interpréter. Ceci résonne d'autant mieux avec le thème général de la Biennale de cette année, People meet in architecture.
Notre dessein est bien sûr d'intéresser les publics à la culture architecturale en général et à l'architecture actuelle en particulier, à ce qui la définit, la rend possible, la contraint, la justifie, la conditionne. On apprend les bases du dessin et de la musique dans les écoles primaires ou secondaires, mais la sensibilitation à l'architecture est habituellement absente du programme d'enseignement. Pour beaucoup de gens, l'architecture apparaît (au choix) comme une notion floue, une valeur indéfinissable, un domaine réservé, un ensemble de règles arbitraires, un stéréotype en acier et verre, des recherches par lequelles ils ne se sentent pas directement concernés. Ils la côtoient pourtant constamment, la subissent parfois, la vivent toujours, ont d'une manière ou d'une autre en leur pouvoir de la défendre, de la nourrir, de l'apprécier, de lui donner son sens.
L'exposition veut soutenir l'idée que l'architecture se justifie en définitive dans le quotidien, loin des photographies d'espaces vides publiées dans les pages glacées des revues spécialisées. Pierre-papier-ciseaux rappelle ainsi que la réfléxion appartient à tous et doit se faire en tous lieux, puisque l'architecture est partout.
 
- Espérez-vous remporter un prix lors de cette Biennale?
Notre espoir principal et très fervent est que la rencontre avec le public se fasse. Notre espoir secondaire est de remporter le prix de l'enthousiasme, ou celui de la fraîcheur et de la légèreté, qui ne sont pas précisement les caractéristiques éminentes du monde de l'architecture contemporaine. Mais nous restons ouverts à toute autre proposition.

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Wunnen - été 2010


Photo : P. Lobo

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Luxemburger Wort

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Wunnen - 22.07.2010


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Un jeu universel pour le pavillon luxembourgeois

On connait depuis peu quelle sera la contribution luxembourgeoise à la prochaine Biennale d'Architecture de Venise, qui se tiendra du 29 août au 21 novembre 2010 et qui aura comme thème général « People meet in Architecture ». C'est le groupe KadapaK and guests qui a remporté le concours organisé par la Fondation d'architecture et d'ingénierie (Fondarch), avec son projet intitulé « Pierre-papier-ciseaux ». Jusqu'en août, les membres du collectif vont s'atteler à la mise en oeuvre de l'exposition qui sera installée au " Ca' del Duca ", sur le Grand Canal

Un premier concours

Il s'agira de la quatrième participation consécutive du Luxembourg à la Biennale. Comme pour les éditions précédentes, l'organisation du pavillon luxembourgeois est confiée à la Fondarch, commanditée par le ministère de la Culture. Mais c'est la première fois que le concept de l'exposition est déterminé sur base d'un concours officiel. Auparavant, c'était le commissaire-curateur, épaulé par ses co-curateurs, qui définissait une présentation en accord avec le thème de la Mostra. La Fondarch se montre très satisfaite de l'écho rencontré par cette première formule malgré le délai très court de l'appel d'offres - lancé en janvier avec un délai fixé au 1er mars -, une douzaine de dossiers ont été déposés. Un intérêt qui est d'autant plus appréciable au vu de l'investissement en temps et énergie que supposera la réalisation de l'exposition jusqu'au mois d'août.

Pour Tatiana Fabeck, l'un des membres du jury qui a sélectionné le projet lauréat, « la proposition de KadapaK and guests s'est démarquée par son originalité, sa liberté de ton et la place qu'elle accorde à la perception humaine. C'est un projet sensible, poétique, qui ne se pose pas en donneur de leçons et qui offre une vision très saine de l'architecture, en se focalisant sur l'être humain, l'être physique, avec ses émotions et son ressenti. Par ailleurs, nous avons apprécié le fait que le projet soit développé par un groupement de personnes issues d'horizons différents ».

Visiteurs intervenez !

KadapaK* and guests réunit des professionnels de l'architecture, de l'urbanisme, du paysage et des arts. Créée récemment, la structure se veut souple et prétend accueillir différents contributeurs en fonction des différents types d'actions engagées. Le projet pour la Biennale de Venise associe quatre personnalités : Pierre-Yves Etienne, Joëlle Tanson, Jean-Paul Tournay et Alice Verlaine.

Le concept « Pierre-papier-ciseaux » est basé sur le jeu connu de tous et dont le nom, comme par coïncidence, fait référence aux outils de la création et de la réalisation architecturales. Le jeu fait intervenir des rapports de force entre différents éléments, la pierre, le papier et les ciseaux, dont la confrontation conduit, soit à leur victoire, soit à leur destruction. En partant de ce motif trés fort visuellement, KadapaK and guests souhaite créer un dispositif qui aura pour but de susciter et de cristalliser des interrogations sur le sens, les limites et les possibilités de l'architecture d'aujourd'hui.

Le projet prévoit six installations qui illustreront les différents contextes dans lesquels s'effectue la pratique architecturale contemporaine, avec leur ambivalence et leurs rapports de force certains. Plusieurs thématiques seront traversées : le contexte culturel, le paysage de la consommation, le cycle des choses, les échéances et déchéances, les notions de pérennité, d'éphémérité, la valeur de l'espace confrontée à la place et à l'échelle de l'homme, les dimensions du quotidien,... La scénographie aura pour objectif d'agencer un lieu spécifique propice à l'expérimentation et au débat. Un lieu d'évocation, dans lequel le visiteur sera mis en situation par rapport à différents éléments qui feront résonner en lui des émotions et des questionnements. Le pavillon invitera le visiteur à intervenir, à laisser, sous diverses formes, une mémoire de son passage et de ses idées : il pourra rester, toucher, utiliser, déplacer, emporter, ajouter, abandonner, marquer, créer, etc. Sur la forme concrète que prendront ces installations, KadapaK* veut ménager le suspense. Le mystère et la surprise font partie du procédé de mise en scène et misent sur la participation du public.

Un îlot de repos et de réflexion

La Fondarch a enregistré beaucoup de commentaires positifs au sujet de l'exposition précédente « Points of view. 4 questions. 44 answers. » Le projet de KadapaK and guests, sans répéter en aucune manière la formule, semble s'inscrire dans une même volonté de simplicité et d'interrogation. De prendre le contre-pied en quelque sorte de la surenchère des effets spéciaux dans les grands pavillons de l'Arsenale et des Giardini. Magnifiquement logé dans un ancien palais vénitien, le pavillon luxembourgeois surgit comme un îlot de repos et de réflexion au milieu d'une somme d'installations complexes et boursouflées. Il se situe en outre sur un itinéraire qui relie les pavillons également excentrés d'autres petits pays et qui attire un grand nombre de visiteurs et connaisseurs.

*KadapaK est le nom commun du carton formé d'une feuille de mousse rigide collée entre deux feuilles très minces de carton couché. Encore appelé carton plume ou carton mousse, léger et rigide, se découpant aisément, il est généralement utilisé, en architecture, pour la réalisation de maquettes ou pour servir de support de présentation.

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Tageblatt - 22.07.2010

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Luxemburger Wort - 22.07.2010


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